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Mercredi 9 juillet 2008

Présentation des nouveaux programmes du primaire
Discours - Xavier Darcos
Xavier Darcos a présenté à la presse le mercredi 20 février (2007) les grandes orientations de la réforme de l'école primaire, en particulier la réorganisation du temps scolaire et la réécriture des programmes qui, prochainement, feront l'objet d'une consultation.
« Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité », tels sont les résultats attendus par le ministre de l'Éducation nationale.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Ceux qui ont quitté le système éducatif depuis quelque temps déjà envisagent souvent l'école primaire comme une première étape, exigeante mais vite surmontée, qui précède les difficultés plus sérieuses de l'enseignement secondaire ou du supérieur.

Cette impression erronée se nourrit le plus souvent de la nostalgie de ces années insouciantes, dont la mémoire ne conserve, bien des années après, que de brefs souvenirs : la mélodie obsédante des tables de multiplication, le tracé malhabile des lettres de l'alphabet sur le papier à rayures, l'angoisse de la poésie récitée devant toute la classe.
Mais pour l'enfant qui commence à peine sa vie d'élève
, la réalité de l'école est tout autre. Elle est une source continue de sollicitations nouvelles, de stimulations intellectuelles et d'incompréhensions passagères que viennent résoudre les explications et les exercices proposés par l'enseignant.

Elle est une remise en cause permanente de la perception incomplète du monde sur lequel l'enfant avait bâti sa personnalité jusqu'alors.

Nous l'oublions parfois, mais l'école primaire est toujours une étape difficile, parce qu'elle s'adresse à des êtres en devenir et parce que son projet pédagogique est exigeant. Mais elle ne doit jamais cesser d'être ambitieuse, car c'est sur elle que repose, presque toujours, la réussite ou l'échec scolaire de l'élève. Ce n'est pas au collège, encore moins au lycée, que se comblent les petites lacunes et les grands retards accumulés à l'école primaire. C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle.

L'école primaire doit rester garante de l'idéal républicain (?) : permettre à chaque enfant de devenir, par l'instruction (?), un citoyen libre et éclairé.

Mais son projet pédagogique doit aussi tenir compte des réalités de notre temps (?):

  • à l'heure où la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation au-delà de la scolarité obligatoire, l'école primaire ne doit plus chercher à transmettre en quelques années la totalité des champs du savoir, mais de donner à l'individu toutes les clés pour les approfondir ultérieurement.
  • à l'heure où la société de l'information expose les enfants au défi de se repérer dans une masse de données indifférenciées, l'école primaire doit plus que jamais transmettre des savoirs cohérents et des approches méthodiques.
  • à l'heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire.

Dans un pays qui investit autant de confiance et de moyens dans son système scolaire, il n'est pas concevable que 15% des élèves(?) quittent aujourd'hui l'école avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.

Affirmer une ambition pour l'école primaire, ce n'est pas seulement rappeler la grandeur de ses origines et l'importance de sa mission. C'est lui assigner des objectifs précis quant à la réussite scolaire des élèves.

Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité : tels sont les résultats que j'attends de la réorganisation du temps scolaire et de la réécriture des programmes du primaire que je veux vous présenter ce matin.....(suite, voir la liste des mesures annoncées et effectives à la rentrée 2008)

Je n'imposerai aucune méthode particulière aux enseignants pour transmettre ces savoirs aux élèves, car ils sont les mieux placés pour connaître les capacités de leurs classes et choisir la méthode la plus appropriée pour les faire progresser. Mais je serai vigilant à ce que ces nouveaux programmes et cette nouvelle organisation du temps scolaire contribuent à l'amélioration significative des résultats de chaque école.

Ces résultats seront communiqués aux familles selon des modalités que nous définirons au cours des prochaines semaines pour apporter aux familles toute l'information nécessaire
sans toutefois entrer dans une logique de mise en concurrence des écoles entre elles.
Les résultats de ces évaluations ne seront ni un critère de redoublement pour le CE1, ni un examen d'entrée en sixième pour les CM2.

Mais je préfère que l'Education nationale se dote d'outils de mesure fiables et transparents du niveau des élèves plutôt qu'elle découvre, année après année, un classement médiocre dans les différentes évaluations internationales.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Si les programmes de l'école primaire suscitent une telle attention, c'est parce qu'ils constituent une forme de contrat social éducatif.
Transmettre le savoir, c'est guider l'élève vers une forme de liberté et une forme de responsabilité et c'est prendre en même temps, au nom de la société tout entière, l'engagement moral de ne pas échouer dans cette mission. Nous avons désormais un devoir de réussite pour l'école primaire.

Mise à jour : avril 2008

codage:
bleu = analyse, objectifs du gouvernement
 jaune = points  de convergeance (?)
vert =  Mon en gagement en tant que citoyenne et enseignante

Les actions se poursuivent afin d'endiguer ce raz de marée des mesures Darcos

http://www.sauvons-lecole.fr/pasdevacancespourdarcos.htm
et chaque enseignant éclairé de ce qui se joue derrière cette politique se doit de définir clairement son engagement et comment le faire vivre dans ses pratiques à la rentrée de septembre 2008.

Comme dans tout autre milieu professionnel nous avons à rendre des comptes par rapport aux objectifs définis.
Lors de nos évaluations (inspections) faites par notre supérieur (inspecteur) nous avions jusqu'alors à montrer notre "savoir faire" et "savoir être" auprès des enfants mais aussi à argumenter par des documents diverses, l'analyse quel'on fait de la classe, la planification des apprentissages dans le temps, les aides mises en place dans la classe et l'articulation avec les enseignants spécialisés.
Cette évaluation était donc QUALITATIVE;
les objectifs fixés par notre SUPERsuperieur hiérarchique ne sont que de l'ordre QUANTITATIF.

Si l'on nous laisse le choix des méthodes pour transmettre on ne nous laisse plus le choix du
"quoi" des compétences de l'enfant à développer pour apprendre tout au long de sa vie.

Et pourtant le SUPERsuperieur la réafirmer dans ce discours
C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle.

Nous pouvons et devons  donc tous nous appuyer sur ces déclarations  pour affirmer nos choix pédagogiques et affirmer sans craintes nos engagements.

J'ai rejoins pour plus d'efficacité l'ICEM qui correspond tout à fait à ma philosophie de vie et donc celle que je peux "transmettre" non pas par l'énoncé de dogmes mais par mes propres actes;
ICEM – Pédagogie Freinet
Site Internet : http://www.icem-pedagogie-freinet.org

Programmes 2008

Aménagement du temps scolaire

(enseignement, soutien et stages sur le temps de vacances)

Évaluation

J E MENGAGE

Je m'engage à respecter le développement de l'enfant ;

Je m’engage à prendre le temps nécessaire aux disciplines qui questionnent le monde ;

Je m'engage à favoriser la construction de la pensée de tous mes élèves par une pédagogie coopérative et des apprentissages qui ne sont pas fondés uniquement sur des automatismes, pour qu’ils puissent analyser et comprendre le monde ;

Je m'engage à ce que tous les élèves bénéficient du même volume horaire institutionnel sur l'année ;

Je m'engage à participer à une réflexion sur l'aménagement de la journée, de la semaine et de l'année ;

Je m'engage à créer dans l’école les conditions de coopération qui favoriseront le dépassement des difficultés au sein de l'équipe éducative et au sein de la classe ;

Je m'engage à réaliser avec les élèves des évaluations constructives qui leur permettront de progresser en confiance ;

Je m’engage à ne diffuser aucun résultat d’évaluation qui servirait à réaliser des comparaisons ou des classements.

J’applique ainsi les valeurs contenues dans la Charte de l’Ecole moderne*

L’ICEM-Pédagogie Freinet                          Le 6 juillet 2008   Signature:  SR


Ce document sera signé de ma part et à portée de main dans ma classe. En fonction des événements il sera mis en lecture aux parents, collègues, hiérarchie.


Ce document sera signé de ma part et à portée de main dans ma classe. En fonction des événements il sera mis en lecture aux parents, collègues, hiérarchie.

 

 

Par seccotine95 - Publié dans : Education - Communauté : Quelle école pour vos enfants?
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Mercredi 9 juillet 2008
chez DEMOPOLIS à compter du 25 août 2008 :

 L’Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d’entretenir le « chaos pédagogique », l’insécurité et le chômage. En évitant les débats parlementaires, Xavier Darcos impose sans discussion une véritable révolution libérale.  Le gouvernement met rapidement en oeuvre une succession de mesures : suppression de la carte scolaire et de postes d’enseignants, évaluation publique des enseignants et des établissements, financement par l’État du développement des établissements privés dans les banlieues…
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures.

Ils révèlent que des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l’Opus Dei sont à l’origine de ces propositions. Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l’Éducation. La réforme de l’école est au coeur du projet de Nicolas Sarkozy.
L’école institution de la République laïque est décriée, attaquée pour lui substituer une logique libérale dans laquelle l'école privée est instrumentalisée pour concurrencer et démanteler le service public


Quelle part prennent l'actuel gouvernement et son ministre de l'Education nationale dans cette exacerbation de la concurrence, dans les nouveaux privilèges concédés à l'enseignement catholique ?
Quel rôle jouent les officines libérales et intégristes qui prennent pour cible l'école publique ?
Quel sens donner à toutes ces premières mesures engagées dans la précipitation : suppression de la carte scolaire, instauration d'un chèque éducation pour le privé, concessions sur la mixité, le service minimum… ?
Des faits, des actes, des décisions, des liens, des réseaux montrent les multiples connivences, qui depuis une trentaine d'années s'entendent pour lancer une OPA sur l'Ecole publique."

La rentrée 2008 sonnera-t-elle le glas de l’école publique et laïque ?

Muriel FITOUSSI, journaliste spécialisée dans les sujets de politique et de société (Dossiers du Canard Enchaîné, Libération, Paris Obs.…). Elle a publié en 2007 "Femmes au pouvoir, femmes de pouvoir" chez Hugo & Co 2007.

Eddy KHALDI, enseignant, militant syndicaliste et associatif, suit depuis 25 ans les questions de société et de laïcité relatives à l'école, auteur de plusieurs articles sur ces questions.


Un petit résumé

L’Education nationale, née de l’idéal de l’école laïque, gratuite et obligatoire, est aujourd’hui en danger de mort. Sous la menace d’une croisade qui, portée depuis plus de 15 ans par les franges catholiques les plus intégristes des mouvements ultra-libéraux, s’invite désormais au cœur de la réforme économique menée par l’actuel gouvernement.

Hallucination, fantasme ?

Hélas, ce scénario catastrophe n’est pas une lubie surgie de l’imagination fantasque d’un auteur de science-fiction. A l’heure où l’opinion prend la mesure des récentes et violentes remises en question du principe de laïcité en France, il est grand temps de s’interroger, sur ce que peut cacher le discours de Nicolas Sarkozy au Latran, en direction de nos chères têtes blondes. La mission éducative qu’entend mener Monsieur le chanoine d’honneur du Vatican, signerait-elle la fin de l’école publique ?

Ceux qui veulent en finir avec l'éducation nationale :

Depuis plus de 15 ans, dans un relatif secret, un certain nombre de groupements relevant d’une même nébuleuse clérico libérale, s’agitent en catimini. Leur but ultime : démanteler l’Education nationale et l’ensemble de son service public. Une croisade amenée avec prudence et minutie. Mais une détermination néanmoins implacable.

Au cœur de cette nébuleuse, à droite de la droite, une douzaine d’associations : « Enseignement et libertés », « Créateurs d’écoles », l’« OIDEL », « SOS Education », « FSP- Fondation de service politique », « Créer son école », « CLE- Catholiques pour les libertés économiques », « ILFM – Institut libre de formation des maîtres», « Fondation pour l’école », « Famille et libertés », « Mission pour l’école catholique »…ou encore, l’ALEPS, « association pour la liberté économique et le progrès social », filiale ultra-libérale du MEDEF, créée dans les années 60, dans le sillage de l’UIMM.

Leurs « penseurs », leurs activistes, s’inscrivent dans la mouvance des idées agitées dans les « think tanks » de l’extrême droite, au sein du Front National, du Club de l’Horloge. Voire, pour certains…de l’Opus Dei.

Toutes réclament, à corps et à cris, l’avènement de la « liberté de l’enseignement » en France.
Qu’entendent-elles par « liberté » ?
Il s’agit en fait, d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires, dans une optique de concession de service public voire de marchandisation de l’école.
Celle-ci garantirait une « offre scolaire diversifiée », sensée répondre à une attente désespérée des familles, injustement privées de leur liberté de choix... Des mots d’ordre libéraux bon teint, en apparence, mais qui, en réalité, servent opportunément la vision cléricale de ces nouveaux croisés. Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise.

L’école publique laïque, voilà l’ennemie

A en croire plusieurs des associations précédemment citées, au premier rang desquelles, l’hyperactive et bien nommée « SOS éducation », nous serions à la veille d’un cataclysme insoupçonné. L’œuvre de Jules Ferry serait devenue un véritable bourbier, une sorte d’antre du Diable porteur de tous les signes de décadence de notre époque, coupable d’une entreprise criminelle de corruption des mœurs de la jeunesse. Cette école serait aux mains des syndicalistes de l’Education nationale, omnipotents héritiers du bolchevisme, décidés, couteau entre les dents, à faire de nos chères têtes blondes de la graine de révolutionnaires nihilistes. Les programmes scolaires sont stigmatisés, accusés d’intelligence avec l’ennemi, par la diffusion d’une vision marxiste et culpa
bilisante de l’histoire mondiale… Des profs incompétents et démissionnaires, impuissants à endiguer la violence et l’échec scolaire montrés du  doigt à toute occasion.
Au final, tous les maux de notre société, seraient imputables à ce Monstre froid, mammouth ingérable, fossile « comparable à l’ex-armée rouge ».

Ces associations ne se contentent pas de stigmatiser les errances du système éducatif, de la méthode globale rendue responsable d’un illettrisme galopant, du contenu des programmes ou de la baisse alarmante du niveau depuis plusieurs décennies.
Elles vont bien plus loin. « Dans le concert des «déclinistes», rapporte un article de Libération le 6 novembre 2006, «  SOS Education est à part. Elle ne compte pas de personnalités dans ses rangs et cherche désespérément des alliés (…) Le 24 octobre, Sauver les lettres, Sauver les maths et Reconstruire l'école ont publié une lettre au vitriol, qualifiant SOS Education de «groupuscule malfaisant».
Car, au-delà de constats communs, leurs buts divergent radicalement. Dans la tradition laïque et républicaine, les trois associations réclament une école plus performante.
SOS Education vise son affaiblissement, voire sa disparition. Le 17 septembre 2005, devant le Cercle Frédéric Bastiat qui se veut un haut lieu de la pensée, Vincent Laarman (Président de SOS Education, NDLR) annonçait la couleur : il n'y a d'espoir que «si l'Education nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d'un grand secteur éducatif  libre». Et de citer les Etats-Unis en exemple. »

Le but ultime ne serait-il pas, au prétexte de libérer l’école, de faire disparaître l’école publique ?

 
A l’ombre de l’Opus…

Mais les questions éducatives ne monopolisent pas leurs foudres guerrières.
Certaines associations entendent bien, aussi, se mêler des questions touchant plus intimement au « progrès des sociétés humaines », tel qu’elles le conçoivent. C’est que l’avortement, la contraception, les prises de positions de Jean Paul II puis Benoît XVI figurent parmi quelques-unes de leurs préoccupations essentielles.

Dans notre nébuleuse, CLE, Catholiques pour les Libertés économiques, dont les locaux se situent à l’adresse même du siège de l’Opus DEI en France. Son Président, Michel de Poncins, fut l’un des conseillers économiques de Jean-Marie Le Pen.

Ou encore, l’OIDEL. Une ONG très influente pour le “Droit à l'éducation” et la “liberté d'enseignement”, reconnue par l’ensemble des institutions européennes, mais dont l’appartenance à l’Opus dei est révélée dans force sites, documents officiels du gouvernement fédéral genevois, et par l’engagement reconnu « à l’œuvre » de plusieurs de ses membres éminents.

Un document extrait d’un rapport comparatif de l’OIDEL sur 85 pays non encore publié est diffusé opportunément, en avant première, le 22 avril 2007, à l’issue du premier tour de la présidentielle, pour développer la « liberté d’enseignement en France ».
Pourtant, il n’y a pas péril en la demeure de France nous sommes en 5ème position. Que signifient cette pression et la publication de ce programme d’action à ce moment de la campagne ?
Que d’attention de la part de cette ONG européenne pour notre pays, en particulier à l’occasion de son Symposium de Lisbonne des 7 et 8 septembre 2007. L’OIDEL se penchait sur notre carte scolaire avec le concours des parents d’élèves des écoles privées françaises de l’UNAPEL pourtant non concernées par cette question. Cette entreprise pour développer l’enseignement privé est également conduite, aujourd’hui, par les mêmes avec une rare violence en Espagne.



«Guide du candidat 2007/2008»…

Tout cela ne porterait pas à conséquence, si l’écho auprès des politiques et des pouvoirs publics, ne se faisait aussi fidèle. Jusqu’à inspirer, avec une étrange concordance,
l’agenda de l’actuelle politique « de réformes » du Ministre de l’Education, Xavier Darcos.

Dans le sillage de la campagne présidentielle, en 2007, l’ALEPS et d’autres se fendaient d’une initiative pour le moins audacieuse : l’édition d’un «Guide du Candidat 2007/2008 », véritable feuille de route énonçant un catéchisme auquel devrait se conformer le candidat favori, dans une logique purement libérale. Et le gagnant fut … Nicolas SARKOZY, arrivé en tête des notes attribuées aux divers candidats.

En matière d’éducation, un « agenda des réformes », assorti d’un authentique planning d’exécution,
annonce
« dès 2007 », entre autres mesures-phares :

-  
« Suppression de la carte scolaire et sélection à l’entrée des établissements scolaires et universitaires »

-  
 « Liberté totale de l’ouverture de classes, d’établissements, et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif par contrat privé »...

Puis, à plus long terme, rien de moins que la « suppression progressive du budget de l’Education nationale et du statut des enseignants fonctionnaires »… ou encore,
l’ «autonomie totale des établissements en matière de programme, de personnel et de contrôle des connaissances… »

Dans son éditorial en ouverture de « la nouvelle lettre » n°928, le 8 septembre 2007, Jacques Garello, responsable de l’ALEPS, encourage le nouveau Président, avec cette mise en garde, qui laisse songeur : « Vous allez vous mettre à dos les syndicats d’enseignants à coup sûr, mais aussi les associations de parents et de façon plus large encore tous ceux qui sont attachés à l’idée du service public unique et laïque de l’Education nationale. Mais vous allez aussi sauver la jeunesse et, avec elle, l’avenir du pays. »

11 juin 2007, Elysée. Toutes affaires cessantes, sous le feu des caméras et des micros, Nicolas Sarkozy annonce un assouplissement de la carte scolaire, dès la rentrée de septembre 2007. Paris brûle-t-il ? Comment expliquer une telle précipitation, de la part d’un Président de la République à réunir, dans les tous premiers jours de son mandat, les représentants des personnels et des parents d’élèves à l’Elysée pour traiter de la question de la suppression de la carte scolaire, qui réussit l’exploit de s’imposer au rang d’urgence nationale ? Comme si l’immense chantier de l’éducation nationale se limitait à la question de la carte scolaire. Rien n’indique, de surcroît, qu’il s’agisse là d’une demande émanant explicitement des parents, d’ailleurs la principale fédération s’y oppose.
En septembre, l'académie de Paris n’a enregistré, en tout et pour tout, que 203 dérogations supplémentaires par rapport  à l'année précédente. Une goutte d’eau.

11 juillet 2007 dans sa lettre de mission au ministre de l’Education nationale, le Président de la République fixe parmi ses objectifs budgétaires : « S’agissant de l’enseignement sous contrat, qui répond à certaines attentes des familles, vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s’installer dans des quartiers en difficulté et, au contraire, vous soutiendrez, lorsqu’ils existent, de tels projets d’installation, dans le respect des grands équilibres nationaux. ».

20 décembre 2007, palais de Saint-Jean de Latran, Vatican. Nicolas Sarkozy, président de la République française, est intronisé « chanoine honoraire ». Il s’en félicite, déclarant que « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû ». Défendant le concept de « laïcité positive », il enfonce le clou : « un homme qui croit est un homme qui espère. L’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent (…) ». Espérance que la République, sorte de monstre froid, aux valeurs morales déconnectées de toute transcendance, ne saurait nourrir ... « Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a exprimenté tant d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et  sociales, dans la morale laïque.
Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives (…) n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence(…) Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini.. Ensuite et surtout parce
qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité."

Concernant l’éducation, Sarkozy se lance dans une vibrante homélie : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie ».
Tollé au sein du monde enseignant, qui dénonce, « une véritable provocation vis-à-vis de l’école publique ».

Nicolas Sarkozy s’était déjà illustré, en 2004 dans son livre « Les religions, la République, l’espérance »….Son coauteur : Thibaud Collin, membre de l’association de service politique, « laboratoire d’idées » intégristes, réputé proche de l’Opus dei, et financièrement soutenue par le Vatican. Thibaud Colin est, par ailleurs, l’auteur d’un pamphlet hostile à une quelconque reconnaissance de l’égalité entre homo et hétérosexuels … Thibaud Collin était de la visite au Vatican. Le discours lu par Nicolas Sarkozy, ressemble, par endroits, à un copier-coller de certains passages de leur œuvre commune. « Le besoin spirituel, l’espérance, ne sont pas satisfaits par l’idéal républicain. La République est une façon d'organiser l’univers temporel (…). Elle n’est pas la finalité de l’homme . Une République qui « ignore le bien et le mal », pouvait-on déjà lire à l’époque, veille du  centenaire de la loi de 1905.

Ce 20 décembre, Henri Guaino, plume officielle du Président de la République, n’était, de toute évidence, pas de la partie.

17 janvier 2008, Ryad. Nicolas Sarkozy, en visite en Arabie Saoudite, persiste et signe devant les 150 membres du Conseil consultatif du Royaume, fief du wahhabisme, peu réputé pour son esprit d’« ouverture ». Le président de la République exalte ce qu’il nomme « l’héritage civilisateur des religions » … L’islam, qu’il prend la précaution oratoire de distinguer de l’intégrisme, « négation de l’islam », est appelé à prendre toute sa place dans sa vaste
« politique de civilisation » …
Pour paraphraser Thiers qui, lors du vote de la loi Falloux, justifiait :
« un curé c’est 50 gendarmes », dans l’esprit de l’ancien Ministre de l’Intérieur, un imam c’est 50 keufs ?

La rupture est désormais consommée avec la pratique laïque des Présidents de la Vème République. Nicolas Sarkozy est le premier Président qui emploie le nom de Dieu, en visite officielle… Les religions, désormais intégrées au pacte républicain. Ou instrumentalisées ?

Elysée, Ministère de l’Education ... Qui est aux commandes ?

Flash-back : 1992. Nous sommes à la veille d‘un important scrutin, les élections législatives de mars 1993.
150 personnes d’horizons divers, dont une grande partie de hauts fonctionnaires du service public de l’Education nationale et de responsables d’établissements privés, fondent une éphémère association :
« Créateurs d’écoles ».
Un organisme destiné à vendre de la formation ? Pas vraiment.
Le bulletin n°1 de Créateurs met en exergue un objectif, qui en dit long :
« l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter » (…) « problèmes juridiques et financiers, rôle des collectivités locales », « gestion des personnels », « outils pédagogiques », « élèves, affectation, aide sociale », « programmes d’enseignement », « personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ».

Afin de « faire sauter » ces verrous, l’association préconise, non pas une révolution, mais une réforme de velours. « Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne nous faudra pas tomber dans le piège de la « réforme globale », mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possibles. (….) La solution réside sans doute dans la mise en œuvre de dispositifs dérogatoires, qui n’obligent pas à la remise en cause systématique de tout l’existant, mais qui permettent d’importantes innovations au niveau des établissements d’enseignement. »
Un lent travail de déconstruction, pièce après pièce, de la maison Education. Un véritable projet de gouvernement.
Parmi les membres fondateurs de cette ambitieuse confrérie : Maurice Quenet, Dominique Antoine et … Xavier Darcos !
Soit, dans l’ordre, l’actuel Recteur de Paris, le Conseiller Education du nouveau Président de la République, et l’actuel Ministre de l’Education nationale.

Carte scolaire, service minimum, modification du statut des personnels, soutien à l’essor de l’enseignement privé, diminution de la place de l’Etat dans les missions de l’Education … Connexions, actions, déclarations, projets et programmes communs attestent de ce
complot ourdi, dans l’ombre, depuis un peu plus de quinze années, en toute discrétion, par ceux-là même qui, aujourd’hui, sont aux commandes de l’Education nationale.

C’est sur l’histoire de ce complot, et l’identité de ses protagonistes que nous nous proposons, dans ce présent ouvrage, de faire toute la lumière. Et donner ainsi à comprendre, sous un jour nouveau, la politique éducative de l’actuel gouvernement…


Par seccotine95 - Publié dans : Actualité - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mercredi 18 juin 2008

a débuté...

les premières affaires:

Voici une pétition lancée par la FSU suite à l'interpellation d'un
collègue.
N'hésitez pas à diffuser.
*Pétition pour Sami Benmeziane* Les forces de l’ordre sont intervenues
contre les enseignants et les parents d’élèves qui occupaient pacifiquement l’Inspection Académique de Nantes le mercredi 11 juin pour demander le retrait des mesures Darcos, 200 postes pour la Loire-Atlantique, et des emplois statutaires pour lutter contre la précarité. Sami Benmeziane, enseignant à l’école élémentaire Jules Ferry de Basse-Indre a été interpellé et emmené menotté au commissariat. Des enseignants et des parents d’élèves étaient brutalement molestés par les forces de l’ordre.
Le SNUipp/FSU 44 dénonce de telles méthodes à l’égard de parents et
d’enseignants exprimant leur inquiétude pour l’avenir de l’école, et
s’indigne de telles pratiques.
Nous demandons l’abandon des poursuites engagées à l’encontre de notre
collègue Sami Benmeziane.
pétition

Pression dans le 31
« Une école de mon secteur a reçu ce matin un coup de téléphone de l'IEN pour "interdire" aux enseignants d'informer les parents de la tenue d'une réunion cantonale contre les mesures Darcos vendredi prochain. Je pense que la médiatisation de la "nuit des écoles" y est pour quelque chose. Si les parents se mettent à s'occuper d'école ... »

Lorsque des "supérieurs hiérarchiques" ne font pas/plus autorité ils ont recours à l'autoritarisme, preuve de faiblesse comme chaque enseignant le sait.

Il n'en reste pas moins que des personnes sont victimes d'injustice et que cela est inacceptable !

Par seccotine95 - Publié dans : Actualité - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mercredi 18 juin 2008
Dans l'éducation les arrêtés abrogeant ceux de 2002 sont parus ce jour:

- arrêté sur le temps scolaire

- Les horaires hebdomadaires

- Les programmes de l'enseignement du primaire

Nous avons été nombreux à essayer d'éveiller la conscience collective sur les risques que feront encourir ces textes s'ils devaient être appliqués.
Dans tous les domaines,nous nous demandons  pourquoi le peuple paraît si apathique sinon déjà résigné?
certains se posent la question et agissent.
d'autres se posent aussi la question mais restent comme absent ?
encore d'autres ne se posent aucune question, les bienheureux!


Ne serait-ce que se tenir informé est déjà une forme de résistance.
Ne pas passer outre les questions qui dérangent notre équilibre personnel et se mettre en questionnement sur l'avenir, non le notre mais l' A venir, un peu irréel, c'est faire preuve d'une certaine maturité qui n'est pas forcément conditionné par l'âge. Il faut, peut-être, être doté d'une certaine sensibilité qui nous ouvre vers l'autre.
Par cette sensibilité, de nombreuses expériences sont vécues et si l'on a la chance d'être, de plus, doté d'une certaine endurance physique et morale, la réactivité n'est que notre seule issue.
Je me sens appartenir à ceux là et c'est maintenant, en étant partie prenante que je me sens bien.
Certes, l'on peut dire que le résultat de cette mobilisation est à ce jour un échec.
La réforme de l'éducation suit sont cours et se poursuivra jusqu'au lycée.

Peut-être faut-il aller jusqu' à son accouplissement. Oublier ce que l'on à découvert par la recherche dans les sciences humaines pour les redécouvrir dans des décennies.

Si ce chemin est définitivement pris dans ce domaine, le reste suivra. La pensée libérale  aura pris le pas pour nous mener à une sorte de chao.
Evidemment certains trouveront très outrancié de dire que l'on ne peut en arriver là, l'homme et sont intelligence réagira . L'Histoire de l'humanité nous donne pourtant des exemples de déperdition de nos savoirs.

L'histoire de l'art nous en livre un fameux exemple:

Nous sommes passés de là



à là


et combien de temps pour en revenir là ?

photos prisent chez Grains de sel  avec son autorisation

Faut-il que l'on refasse ce chemin ?

Pourrons nous le refaire?

La Terre est bien fatiguée de nos errances!

Il est impossible, pour ceux qui ont les yeux bien ouverts de laisser faire.

Malgré le conseil des syndicats d'attendre septembre des initiatives se poursuivent:
http://nuitdesresistances.wordpress.com/
le 13 juillet tout un symbole!

http://lecole.est.finie.over-blog.com/   samedi 28 juin dernier samedi de l'année,
pour les parents d'élèves, encore essayer d'informer, d'échanger...!

Par seccotine95 - Publié dans : Actualité - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Dimanche 15 juin 2008
 Je viens de lire cet extrait tiré du livre de Pierre-Henri Zaidman: Le mandat impératif.
De la révolution française à la commune de Paris,  aux éditions du Monde Libertaire :
" Les Maîtres du Monde du moment beuglent partout qu'ils ont instauré un modèle indépassable de démocratie.
Et ils se targuent de la liberté qu'a le Peuple de voter pour eux de temps en temps en se faisant exploiter tous les jours.
Une partie des révolutionnaires, quant à elle, se bat toujours pour une démocratie tout à la fois politique, économique et sociale. Pour le contrôle et la révocabilité à tout moment des mandatés.
Pour la démocratie directe. contre le mandat impératif."



Par seccotine95 - Publié dans : Actualité - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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