Malgré l'intervention des forces de l'ordre ce matin à l'aube, l'occupation du rectorat de Guyane par un collectif de personnels de l'éducation tient bon pour son 7e jour de suite. Les flics ont dû quitter les lieux et nous avons pu réinstaller le campement.
Les enseignants de Guyane réclament davantage de moyens
Reuters - Jeudi 29 mai, 17h22
CAYENNE (Reuters) - Un collectif d'enseignants en grève campe depuis dix jours sur le parvis du rectorat à Cayenne pour réclamer plus de moyens pour l'école et la venue en Guyane du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos.
Cette démarche est soutenue par les syndicats de l'Éducation nationale, les élus locaux et les parlementaires, les parents d'élèves, les lycéens et l'évêque de Guyane.
"En Guyane, la fusée décolle, mais toujours pas l'école", indique une banderole accrochée sur le bâtiment du rectorat, où des enseignants grévistes ont installé leurs hamacs.
"Les effectifs scolarisés augmentent sans cesse dans notre académie, et les moyens ne suivent pas, dans une région multiethnique, avec de nombreux enfants non francophones", explique Stéphane Trouille, professeur d'éducation physique et sportive dans un lycée de Saint Laurent.
Le mouvement de protestation est parti de l'ouest de la Guyane, qui enregistre les taux de réussite les plus bas de l'académie pour le baccalauréat et le brevet, et la plus grande proportion d'enseignants contractuels et d'enfants non francophones dans les classes, issus notamment de l'immigration venue du Surinam voisin.
Dans cette région, selon les grévistes, en 2004, les trois quarts des élèves entrant en sixième ont échoué aux évaluations de français et de mathématiques.
Le rectorat a annoncé la réorganisation des dispositifs d'aide aux élèves, et la création de 25 postes d'enseignants à la rentrée 2008, une dotation jugée insuffisante par les grévistes pour faire face à la démographie scolaire, dans un département où la moitié de la population a moins de 25 ans, et croit de 3,8 % par an, sous la pression de l'immigration et de la natalité.
Depuis dix jours, la plupart des établissements scolaires de Guyane fonctionnent mais sont perturbés par le mouvement, qui a culminé mardi par une manifestation de plus d'un millier de personnes dans les rues de Cayenne.
"Je ne suis pas certain que vous ayez saisi l'acuité du cri qui est monté jusqu'à vous", écrit Mgr Emmanuel Laffont, l'évêque de Guyane, dans un courrier adressé à Xavier Darcos.
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