A maintes reprises Mr Darcos brandit son argument de choque la baisse des performances des élèves français dans les évaluations internationales pour justifier son projet de nouveau programme pour l’école primaire.
Aucune voix n'est venue démentir cette affirmation
non étayée.
Mr Darcos site l'enquête PIRLS, pensant que le quidam n'ira pas voir de si prêt.
L'enquête PIRLS évalue" les compétences en lecture des élèves âgés de 10 ans »
de la communauté européenne et seulement la lecture.
Soit, ce critère est d'importance, la lecture étant avec l'écriture (n'oublions pas) la compétence qui permet à l'enfant de devenir "l'homme libre" de demain
(on est toujours d'accord !?).
Cependant des experts ont pris le temps de l'analyse.
Parmi eux le Pr A Ouzoulias: Professeur à l’IUFM de Versailles, Université de Cergy-Pontoise,
Département PEPSSE (Philosophie, épistémologie, psychologie, sociologie et sciences de l'éducation)
Son pédigré le range dans ce que Mr Darcos appelle "ces pédagogistes".
(J'aurai l'occasion de vous en reparler dans un autre billet )
Comme cet article, publié dans le "café pédagogique", a peu de chance de sortir du cercle de ceux que les politistes en place aimeraient voir disparus, je l'offre donc à
votre lecture.
"M. Darcos, maître en déclinologie" Par André Ouzoulias
Un autre argument que M.
Darcos, avance est l’importance numérique des élèves
en grande difficulté scolaire en France.
Ainsi, lors de l’émission
7-10 de France-Inter
à la mi-avril il affirme que « 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification
»
Or, dans une note d’information officielle du Ministère, datant du 5 janvier dernier,
les auteurs écrivent :
« Au milieu des années 70, parmi les 760 000 jeunes sortant de formation initiale, 170 000 jeunes quittent le système éducatif sans un niveau
de qualification reconnue par la loi, c’est-à-dire avant d’avoir atteint l’année terminale de CAP ou de BEP, ou la classe de seconde générale ou technologique : ce sont des sortants « sans
qualification ». En juin 2005, trente ans plus tard, on recense 42 000 jeunes métropolitains dans cette situation, soit une baisse considérable de 75 %.
La baisse est très rapide jusqu’en 1990, elle ralentit ensuite tout en restant soutenue (…). Au sein d’une génération, la part des élèves déscolarisés de manière précoce diminue aussi
fortement entre 1975 et 2005 : elle passe de 25 % à 6 %. »
On peut faire mieux et il le faut, indéniablement dit Mr Ouzoulias
Mais pourquoi le ministre peint-il un tableau si éloigné de la réalité ?
Pour vous distraire des chiffres et des combines (aléatoires) et parce qu'un échantillon de nos
enfants de 10 ans s'y sont collés je vous mets à lire le texte d'évaluation de l'enquête PIRLS
Ronde de nuit pour les macareux
Chaque année, des oiseaux noirs et blancs au bec orange visitent l’île islandaise de Heimaey. Ces oiseaux sont des macareux. On les appelle les « clowns de la mer » à cause de leur bec de couleur vive et de leurs mouvements maladroits. En effet, les macareux ne sont pas très élégants au décollage ni à l’atterrissage étant donné leur corps trapu et leurs ailes courtes
.
Halla vit dans l’île de Heimaey. Elle scrute le ciel tous les jours. Perchée sur une haute falaise bien au-dessus de la
mer, elle aperçoit son premier macareux de la saison. Elle murmure le mot « lundi », qui signifie « macareux » en islandais.
Bientôt le ciel sera rempli de ces oiseaux : des macareux, des macareux partout. Ils reviennent de leur hivernage en mer, rentrant sur l’île d’Halla et sur les îles désertes des alentours pour
pondre et pour élever leurs poussins. Ces « clowns de la mer » reviennent dans les mêmes terriers, année après année.
C’est d’ailleurs la seule saison qu’ils passent sur le rivage.
Halla et ses amis montent sur les falaises pour observer les oiseaux. Ils voient les couples qui cognent leur bec en un bruyant « tac-tac-tac ». Bien à l’abri dans les falaises, chaque couple
prendra bientôt soin d’un oeuf. Quand les oeufs des macareux seront éclos, les parents rapporteront du poisson au nid pour nourrir les oisillons. Chaque oisillon deviendra un jeune macareux. La
ronde de nuit aura lieu quand tous les jeunes s’élanceront pour leur premier vol. Ces nuits-là sont encore bien loin, mais Halla pense déjà à préparer quelques boîtes de carton pour eux.
Pendant tout l’été, les macareux adultes vont à la pêche et prennent soin de leurs petits.
En août, les premières fleurs ornent les terriers. Quand les fleurs sont toutes éclosent Halla sait que la ronde de nuit va bientôt commencer. Les oisillons bien cachés sont devenus de jeunes
macareux. Il est temps pour Halla et ses amis de sortir les boîtes et les lampes de poche pour la ronde de nuit de jeunes macareux. A partir de ce soir et pendant les deux semaines à venir, les
jeunes macareux s’envolent pour leur hivernage en mer.
Dans la noirceur de la nuit, les jeunes macareux quittent leurs abris pour leur premier vol.
Il leur suffit de quelques battements d’ailes pour descendre des hautes falaises. La plupart des oiseaux amerrissent dans un grand éclaboussement et en tout sécurité parce que la mer est en
dessous.D’autres sont toutefois désorientés par les lumières du village, pensant peut être que ce sont les reflets de la lune sur la mer. Chaque nuit, des centaines de jeunes macareux
atterrissent maladroitement dans le village. Incapables de s’envoler à partir d’un terrain plat, ils courent partout et tentent de se cacher.
Halla et ses amis vont chaque nuit à la recherche des jeunes macareux échoués qui n’ont pas réussi à trouver la mer. Malheureusement, les chats et les chiens cherchent, eux aussi. Même si les
chats et les chiens ne les attrapent pas, les jeunes macareux risquent de se faire écraser par les voitures et les camions. Les enfants doivent donc les trouver en premier.
Dès vingt-deux heures, les rues de Heimaey sont pleines de vie et d’enfants aux aguets. Halla et ses amis s’empressent de secourir les jeunes macareux égarés. Armés de lampe de poche, ils
sillonnent le village, fouillant les coins sombres. Halla repère un jeune macareux. Elle court, le saisit et le met en sécurité dans une boîte de carton.
Pendant deux semaines, tous les enfants de Heimaey feront la grasse matinée pour rester dehors la nuit. Ils sauveront ainsi des milliers de jeunes oiseaux.
Chaque nuit, Halla et ses amis emportent à la maison les jeunes macareux retrouvés. Le jour suivant, le petit groupe descend sur la plage avec des boîtes pleines de jeunes macareux.
Il est temps de libérer les oiseaux. Halla relâche le premier. Elle le tient bien haut pour
qu’il s’habitue à battre des ailes. Puis, en le tenant confortablement dans ses mains elle le soulève d’un mouvement rapide dans les airs et le relâche au-dessus de l’eau, au-delà du ressac. Le
jeune macareux volette un peu avant de se poser sur l’eau dans un claboussement. Jour après jour les protégés d’Halla barbotent et s’éloignent jusqu’à ce que la ronde de nuit des macareux
soit terminée pour une autre année. Elle regarde les derniers s’éloigner pour l’hivernage en mer et les salue de la main jusqu’au printemps prochain.
Elle leur souhaite un bon voyage et crie « Au revoir! Au revoir! ».
Je vous fais grâce du questionnaire, mais l'on peut parier que si la prochaine fois il s'agit de lire la recette de la Paëlla, nos voisins espagnols auront de très
bons résultats!
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