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Education

Vendredi 27 mars 2009
Un certain temps que je n'ais fait de billet ici!

Pourquoi?

Je suis restée en retrait mais je continue de lire, d'écouter, de voir ce qui se passe sur le terrain de l'enseignement, l'éducation.


La communauté que j'ai ouverte link prend petit à petit de l'importance. Pas trop d'échanges mais des liens, des liens qui sont autant de témoignages,  de recherches, de questionnements, d'informations...

Tous témoignent d'une volonté de refuser ce que l'on nous impose actuellement.

Malgré toutes les actions qui ont été faites, tout semble joué au niveau du ministère.

Pour info je vous donne le lien du Snuipp 95 link car je n'ai plus envie d'en écrire davantage sur ce sujet.

La seule question est: comment continuer?

Il y en a pour qui cela n'a jamais posé problème.
Pour les autres?
Certains ont ou vont accepter, ils intégreront petit à petit dans leurs pratiques le sens même de cette politique.
Pour ceux, qui comme moi, ne "peuvent" se résigner, il reste deux solutions:
- fuir, fuir ailleurs, ne plus vouloir entendre parler de... c'est aussi quelque  part se résigner, abandonner...
- résister
, dans ou hors l'institution?

Pas de jugements, je m'en garderai bien. Cela fait plusieurs mois que je vacille entre toutes ces options.

La liste de l'ICEM vient de me transmettre cette info, comme un rappel à ce qui est pour moi une de mes raison d'être:
Ma vie ne sera pas accomplie si je n'apporte pas une pierre sur ce chemin:


Bande Annonce Festival IMAGES MOUVEMENTEES 2009
Vidéo envoyée par Studio_Wasia

Soyons réalistes, osons l'utopie du 1er au 7 avril 2009 au cinéma 5 Caumartin Paris 9 (Saint-Lazare) http://imagesmouvementees.org

La soirée du 3 avril sera plus particulièrement consacrée à l'éducation

allez sur le site link pour consulter le programme


Par seccotine95
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Samedi 31 janvier 2009
 
Pas facile de chercher à "destituer" quand on institue...
Pas aisé de "dysfonctionner" quand on est fonctionnnaire...

Merci pour le soutien et la diffusion de ce texte 
De ce que j'en sais, beaucoup de collègues sont dans l'incertitude, le doute, la solitude, face à cette décision de faire remonter ou pas les résultats des évaluations...
Je crois que ces collègues ont besoin de soutien, d'encouragements, de collectif...
 
 
Mais c'est une des rares fois où l'on a concrètement en main la pièce qui manque au gouvernement pour finir son puzzle. Alors on la lui donne ou pas ?
 
Bien cordialement
Sylvain Grandserre
 

Enseignants, avons-nous donc une âme ?


« Objets inanimés, avez-vous donc une âme » interrogeait Lamartine.

A nous autres, professeurs des écoles qui risquons de la perdre dans le triangle des Bermudes du libéralisme, la question se pose désormais sans que la réponse puisse se faire attendre... car le temps politique ne suspendra pas son vol !

Si le billard des réformes se joue à trois bandes, ce puzzle est à trois pièces.

  • Tout d'abord, il y a la suppression de la carte scolaire. Ceci permet un désengagement de l'état, non plus garant de la qualité partout pour tous, mais simple organisateur de la mise en concurrence des établissements. Faites vos jeux !
  • Ensuite, il y a l'idée d'en venir tôt ou tard pour les professeurs à un salaire au mérite, ce dernier se mesurant alors aux résultats obtenus par les élèves. Avec un tel système, les médecins n'accepteraient de soigner que les biens portants... Et les enseignants de ne travailler qu'avec les bons élèves !
  • Enfin, pour permettre l'ouverture du marché scolaire, il faut des chiffres, des éléments de comparaison tels que peuvent en donner les évaluations nationales de CM2 qui servent moins à évaluer les élèves qu'à dévaluer les écoles.

Et voilà, le tour est joué. Les parents stratèges chercheront ce qu'il y a de mieux pour leur enfant. Puis, du moins le croient-ils, ils choisiront l'école pour leur enfant... Or, c'est très exactement le contraire qui se produira et se produit déjà. C'est l'école qui choisira leur enfant... ou pas ! Car la logique du salaire au mérite pousse les établissements à ne prendre que les élèves pour lesquels le retour sur investissement sera élevé.
Alors qui pour s'occuper de ceux qui risquent potentiellement de faire baisser le rendement ?
Qui pour travailler en ZEP, avec les pauvres, les enfants de chômeurs, de Rmistes, les non-francophones, les handicapés ?

L'horreur pédagogique est en marche. A notre niveau, seuls, nous ne pourrons pas faire grand chose pour maintenir la carte scolaire ou s'opposer au salaire au mérite. En revanche, on compte sur nous en hauts lieux pour donner nos chiffres tels des prix permettant l'ouverture de la grande braderie ! Car s'il a des tuyaux, le ministère n'a encore rien à faire circuler à l'intérieur ! A nous de le laisser à sec en ne fournissant aucune information sur les résultats de CM2 d'abord, puis de CE1.


Clairement, c'est notre seule chance de bloquer cette sale machine à courber l'échine. Nous pouvons relever la tête, être fiers du travail désintéressé que nous accomplissons auprès de ceux qui en ont le plus besoin. Jamais nos écoles ne devront prendre pour modèle ce qui vient de se montrer si désastreux à l'échelle planétaire : la concurrence, l'individualisme, l'égoïsme, l'appât du gain. Contre cette entreprise de déshumanisation nous avons la solution : le blocage complet à la source, pour assécher le caniveau où veut nous entraîner cette politique.

Alors, enseignants, avez-vous donc une âme ?

Sylvain Grandserre
Maître d'école
boycotteur des évaluations de CM2
Porte-parole de
http://www.darcos-demission.org/
sylvain.granserre@wanadoo.fr

Par seccotine95
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Dimanche 3 août 2008

 

Jacques PAIN, professeur des Universités, Paris X- Nanterre.

 

 

Ceux qui voyagent beaucoup, sinon s’informent, savent que l’éducation de la petite enfance reste l’une des grandes urgences de la planète. Cent à cent vingt millions d’enfants sont « à la rue », et les deux tiers d’entre eux sont sans abri. Cinquante mille autres sont des enfants soldats. Huit cent mille adolescentes et jeunes gens ont intégré les bandes centro et nord américaines, les « maras ». Dans un certain nombre de pays du monde, et par exemple en Haïti, des milliers d’enfants sont des enfants « domestiques », des enfants « esclaves ».  

Or l’Europe est entrée dans la même sphère de turbulence, par la mondialisation.

En 2050, une personne sur deux ne sera pas originaire du pays où elle vit.

C’est ce contexte violent qui réclame avec une force sans précédent la nécessité d’une éducation « suffisamment bien équilibrée » et  institutionnalisée  de la petite enfance, à la mesure de ces enjeux et de la dénaturation humaine, toujours aux aguets, dans l’ordinaire d’une société cyniquement préoccupée d’elle-même et de son niveau de vie.

La délinquance a désormais une école ouverte : la société elle-même.

Les modélisations de la personnalité enfantine s’inscrivent dans des cadres symboliques, des institutions, des groupes « primaires », et c’est là que se construisent l’enfance, puis l’adolescence. C’est un réseau d’humanisation. Rien ne peut remplacer l’école, et la contention, ou la forclusion, du tumulte social qu’elle autorise fort heureusement. Jamais en effet la société ne fut aussi « insécure », comme disent les experts officiels. Nous dirons politiquement et psychiquement insécure.

Pour grandir, il faut de l’institution, de l’attention, du soin, et fondamentalement une très grande sécurité affective, qui n’exclut pas la vigilance mais au contraire en est la condition. Nous savons bien que l’éveil intellectuel est étroitement lié à ces prises de distance « cognitives » sereines qui sont le propre des postures « réflexives ».

Réfléchir, penser avec, puis contre les lieux communs, discuter, conflictualiser le savoir, c’est vieux comme le monde des premières lumières, juste après l’aube humaine.

Or l’aménagement scolaire que l’on nous propose fait l’impasse sur le temps. Il « taylorise » ou « stackanovise » l’espace-temps psychique. Il efface ou presque, ce que j’appellerai les « anti-disciplines » artistiques et expressives, « émotionnelles ». Il érige en dogme le formalisme des apprentissages ; dont on sait qu’il ne réussit qu’aux milieux déjà formatés, formalisés, et qu’il n’est en rien la garantie d’une pensée libre et mature, bien au contraire.

Déjà nos meilleurs psychiatres et pédagogues critiquaient ces « normosés » de l’école scolastique, aux mains des professeurs « psychorigides » de la maîtrise. Quelle humanité souhaitons-nous ?

Les enfants doivent-ils désormais grandir « par défaut » ?

Les « mal élevés » sociaux sont les légions de la violence.

L’enfance et l’adolescence sont en quelque sorte les premiers trésors de la culture humaine. Qu’en font-ils, ces sophistes de la barbarie post-moderne ?

 

J’étais en Guyane en septembre 2007, entre autre à Apatou, sur le Maroni, à deux heures trente de pirogue de St Laurent. Ecoles maternelles, primaires, un collège, des tenues uniformes, jeans ou jupes, polos de couleurs différentes. Les enfants arrivent par le fleuve, très tôt ; les pirogues circulent dès cinq heures.

J’ai vu une séquence d’EPS se faire à 14h au collège, sous 40 au soleil. Nous-mêmes étions anéantis, et collés sous les ventilos. Question de planning, nous dit-on !

Là, j’ai vu l’Europe d’hier, et le monde de demain selon nos édiles français : lorsque les cours ou les classes fonctionnent, des voix « de France » psalmodient des incantations, reprises en chœur, parfois l’on chante, et une voix claire s’élève, sans doute le champion choisi du chant maternel. Ou, au collège, est au tableau  le vétéran de la récitation. Comme j’en vis dans les DOM TOM, et à Madagascar autrefois. Merci à la France coloniale de nous remettre tous à égalité : récitons, chantons, et surtout « par cœur ». Les meilleurs y mettront « du cœur » en plus. Ils y gagneront un bréviaire de grammaire moderne, « simplifiée », bien sûr. Mais rappelons leur qu’il y avait en fin d’année « les cahiers au feu et la maître au milieu ».

J’ai d’ailleurs participé à une discussion surréaliste sur « l’aide aux devoirs », après la classe, en collège, à Apatou. A quelle heure rentrent-ils chez eux ? Et si on faisait des internats, deux fois par semaine ? On ne va pas faire du rattrapage sur les pirogues ?!! Et le planning ?! La « maître-pensée » politique ne connaît plus l’être humain. Elle pense pour elle-même.

La France ne connaît pas ses banlieues. Et elle a fait de ses territoires coloniaux ou post coloniaux des « banlieues de la mémoire », des banlieues mentales. Un livre d’histoire.

Sauf que, dans la cour, à Apatou, ces enfants, adolescents, jeunes gens, retrouvent leur âge et leur identité, leur « grandeur », et  parlent. Ils parlent enfin, toutes et tous, près de soixante langues vernaculaires différentes. L’un de mes amis, qui connaît bien la question, m’avait dit avant de partir, à propos de ces populations, Bushinengue, Amérindiennes, Hmongs, Brésiliennes, Créoles, « métro », « si tu connais bien la Seine St Denis, tu t’y retrouveras ». D’ailleurs, me dit une amie guyanaise, « en plus », depuis quelques mois, des Nord-africains remontent par le Brésil, sur St Georges et l’Oyapoc. La société métisse, mixte, plurielle, multi-pluri, culturelle : sans doute y est-on. Et si c’était une chance ? La France peut encore se permettre de construire des élites différenciées, et « républicaines », démocratiques. En s’y appliquant très tôt.

Un laboratoire du 21è siècle ! Un laboratoire pour l’école et l’enfance du monde, pour la réussite de la civilisation. Le monde entier va devenir un laboratoire, et nous avons les premiers résultats sous les yeux.

La sécurité mentale, le contrôle émotionnel, la structure sociale, socialisée, de base, le respect, la reconnaissance, l’estime de soi, cadrent les conduites dans les premières années. Attention, être humain !

En Guyane, la moitié de la population a moins de 25 ans, et n’a ni diplômes ni travail.

Alors l’école leur va bien ! Les Bushis du Surinam, avec les récentes inondations du Maroni, ont passé le fleuve, la population Bushi guyanaise - six ethnies différentes - va doubler à la rentrée 2008 dans nos écoles. En France, ils seront accueillis et seront, c’est vrai, au calme et en sécurité, habillés, même nourris s’ils sont au collège, qui termine à 16h.

Il reste, dans nos écoles, juste assez de « démocratie d’apprentissage » pour tenir une éducation « à savoir », qui soit aussi une éducation institutionnelle des pulsions.

 Ne rien dire que nous n’ayons fait.

 Que ces ministres nous parlent enfin des terrains difficiles, en les citant et les connaissant, et en raisonnant par le défi scolaire, et non par le minimum bagagiste.

 Ne domestiquons pas l’enfance. Elle nous le retournera dans le monde de guerres sociales d’aujourd’hui,  par la révolte et l’insoumission, la haine des maîtres et des institutions pauvres en présence symbolique. L’être humain est une « biospécificité » inaugurale à peine installée, et largement inconnue. Le symbolique est notre identité. Commençons par notre école, et notre France à  l’école. C’est le nucléaire de la société de demain.

Penser l’école autrement, ou monter les cadences ? Le modèle de l’usine et de l’école des maîtres de forges n’est pas loin.

C’est une insulte à l’intelligence. L’école éduque autant qu’elle enseigne.

Que dirait Baudelaire, ce grand génie malmené : « Laissons l’enfance aux enfants ». Mais non loin des adultes. Le père ; ou la mère, en Guyane matrilinéaire, Bushi.

Les repères sont les boussoles de la personnalité. Mondialisation obligée ! Mais « personnalisée ».

La pédagogie a deux mille ans. Les experts et les petits penseurs de l’école d’aujourd’hui seraient incapables de subir, encore moins de diriger, en personne, deux semaines de classe dans nos ZEP préférées, Mantes, Les Mureaux, Goussainville, Trappes, et je ne cite pas toutes celles que j’aime.

Encore moins sauraient-ils comprendre ailleurs l’intelligence quotidienne des enfants de la rue. Certains parlant déjà deux ou trois langues, mal. Mais :  « je ne demande qu’à aller à l’école, ou à l’université », me disait l’un d’entre eux, à Olinda, à Recife. 14 ou 15 ans ?

Ce que je pense, c’est que cette politique de l’école vise à décrocher l’état de sa prise en charge nationale, et à abandonner l’éducation de l’enfance, l’école de la petite enfance, les fondamentaux sociaux d’aujourd’hui. La réforme, régression, actuelle, reprend le grand tri sélectif. C’est un retour aux évidences de classes. Merci de ce retour à Marx.

Les meilleurs réussiront, sauf qu’ils seront moins socialisés. Et les autres, échoués, seront socialement brillants dans la violence, cette deuxième école et deuxième société de l’avenir.

Un mécanisme se dessine dans ce 21è siècle tourmenté, à partir de cet écrasement de l’éducation, et de cet abandon programmé de l’enfance par un monde adulte trop pressé, trop simpliste par intérêt, en fait tenu par ses agios.

Ce syndrome d’abandon, de déshumanisation, affiché dans les pays qui nous précèdent dans la violence, mérite une qualification de maltraitance aggravée.

Notre gouvernement en est à ses débuts, il vient de constituer les prémices avérées de la maltraitance « institutionnelle ». 

Les enfants désormais le savent, ils grandissent et grandiront alors contre les adultes.

Ni à côté, ni avec eux, contre.

C’est pourquoi je reprendrai l’idée d’un observatoire, d’un tribunal de la pensée, qui se réunirait et jugerait nos états et nos gouvernements sur leur compétence en Education, sur leur investissement en Intelligence humaine, et en fin de compte sur leur Humanité.

Car, en fait, c’est le premier placement, l’homme, cette « force de travail et d’intelligence ».

Ils oublient que nous serons de plus en plus « intelligents », ces gens-là.

Il y a vingt ans déjà, une institutrice qui se réclamait de la pédagogie institutionnelle dans sa classe de perfectionnement matérialisait ainsi les deux « lois » fondatrices de l’école : « Ici, c’est une école, on travaille » ! Mais encore : « Chacune, chacun, a le droit d’être tranquille, dans son cœur, son corps, ses affaires ».

Vigilance et disponibilité vont alors de pair.

 

Jacques Pain,     7 Juillet 2008.

Par seccotine95
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Mercredi 9 juillet 2008

Présentation des nouveaux programmes du primaire
Discours - Xavier Darcos
Xavier Darcos a présenté à la presse le mercredi 20 février (2007) les grandes orientations de la réforme de l'école primaire, en particulier la réorganisation du temps scolaire et la réécriture des programmes qui, prochainement, feront l'objet d'une consultation.
« Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité », tels sont les résultats attendus par le ministre de l'Éducation nationale.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Ceux qui ont quitté le système éducatif depuis quelque temps déjà envisagent souvent l'école primaire comme une première étape, exigeante mais vite surmontée, qui précède les difficultés plus sérieuses de l'enseignement secondaire ou du supérieur.

Cette impression erronée se nourrit le plus souvent de la nostalgie de ces années insouciantes, dont la mémoire ne conserve, bien des années après, que de brefs souvenirs : la mélodie obsédante des tables de multiplication, le tracé malhabile des lettres de l'alphabet sur le papier à rayures, l'angoisse de la poésie récitée devant toute la classe.
Mais pour l'enfant qui commence à peine sa vie d'élève
, la réalité de l'école est tout autre. Elle est une source continue de sollicitations nouvelles, de stimulations intellectuelles et d'incompréhensions passagères que viennent résoudre les explications et les exercices proposés par l'enseignant.

Elle est une remise en cause permanente de la perception incomplète du monde sur lequel l'enfant avait bâti sa personnalité jusqu'alors.

Nous l'oublions parfois, mais l'école primaire est toujours une étape difficile, parce qu'elle s'adresse à des êtres en devenir et parce que son projet pédagogique est exigeant. Mais elle ne doit jamais cesser d'être ambitieuse, car c'est sur elle que repose, presque toujours, la réussite ou l'échec scolaire de l'élève. Ce n'est pas au collège, encore moins au lycée, que se comblent les petites lacunes et les grands retards accumulés à l'école primaire. C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle.

L'école primaire doit rester garante de l'idéal républicain (?) : permettre à chaque enfant de devenir, par l'instruction (?), un citoyen libre et éclairé.

Mais son projet pédagogique doit aussi tenir compte des réalités de notre temps (?):

  • à l'heure où la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation au-delà de la scolarité obligatoire, l'école primaire ne doit plus chercher à transmettre en quelques années la totalité des champs du savoir, mais de donner à l'individu toutes les clés pour les approfondir ultérieurement.
  • à l'heure où la société de l'information expose les enfants au défi de se repérer dans une masse de données indifférenciées, l'école primaire doit plus que jamais transmettre des savoirs cohérents et des approches méthodiques.
  • à l'heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire.

Dans un pays qui investit autant de confiance et de moyens dans son système scolaire, il n'est pas concevable que 15% des élèves(?) quittent aujourd'hui l'école avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.

Affirmer une ambition pour l'école primaire, ce n'est pas seulement rappeler la grandeur de ses origines et l'importance de sa mission. C'est lui assigner des objectifs précis quant à la réussite scolaire des élèves.

Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité : tels sont les résultats que j'attends de la réorganisation du temps scolaire et de la réécriture des programmes du primaire que je veux vous présenter ce matin.....(suite, voir la liste des mesures annoncées et effectives à la rentrée 2008)

Je n'imposerai aucune méthode particulière aux enseignants pour transmettre ces savoirs aux élèves, car ils sont les mieux placés pour connaître les capacités de leurs classes et choisir la méthode la plus appropriée pour les faire progresser. Mais je serai vigilant à ce que ces nouveaux programmes et cette nouvelle organisation du temps scolaire contribuent à l'amélioration significative des résultats de chaque école.

Ces résultats seront communiqués aux familles selon des modalités que nous définirons au cours des prochaines semaines pour apporter aux familles toute l'information nécessaire
sans toutefois entrer dans une logique de mise en concurrence des écoles entre elles.
Les résultats de ces évaluations ne seront ni un critère de redoublement pour le CE1, ni un examen d'entrée en sixième pour les CM2.

Mais je préfère que l'Education nationale se dote d'outils de mesure fiables et transparents du niveau des élèves plutôt qu'elle découvre, année après année, un classement médiocre dans les différentes évaluations internationales.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Si les programmes de l'école primaire suscitent une telle attention, c'est parce qu'ils constituent une forme de contrat social éducatif.
Transmettre le savoir, c'est guider l'élève vers une forme de liberté et une forme de responsabilité et c'est prendre en même temps, au nom de la société tout entière, l'engagement moral de ne pas échouer dans cette mission. Nous avons désormais un devoir de réussite pour l'école primaire.

Mise à jour : avril 2008

codage:
bleu = analyse, objectifs du gouvernement
 jaune = points  de convergeance (?)
vert =  Mon en gagement en tant que citoyenne et enseignante

Les actions se poursuivent afin d'endiguer ce raz de marée des mesures Darcos

http://www.sauvons-lecole.fr/pasdevacancespourdarcos.htm
et chaque enseignant éclairé de ce qui se joue derrière cette politique se doit de définir clairement son engagement et comment le faire vivre dans ses pratiques à la rentrée de septembre 2008.

Comme dans tout autre milieu professionnel nous avons à rendre des comptes par rapport aux objectifs définis.
Lors de nos évaluations (inspections) faites par notre supérieur (inspecteur) nous avions jusqu'alors à montrer notre "savoir faire" et "savoir être" auprès des enfants mais aussi à argumenter par des documents diverses, l'analyse quel'on fait de la classe, la planification des apprentissages dans le temps, les aides mises en place dans la classe et l'articulation avec les enseignants spécialisés.
Cette évaluation était donc QUALITATIVE;
les objectifs fixés par notre SUPERsuperieur hiérarchique ne sont que de l'ordre QUANTITATIF.

Si l'on nous laisse le choix des méthodes pour transmettre on ne nous laisse plus le choix du
"quoi" des compétences de l'enfant à développer pour apprendre tout au long de sa vie.

Et pourtant le SUPERsuperieur la réafirmer dans ce discours
C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle.

Nous pouvons et devons  donc tous nous appuyer sur ces déclarations  pour affirmer nos choix pédagogiques et affirmer sans craintes nos engagements.

J'ai rejoins pour plus d'efficacité l'ICEM qui correspond tout à fait à ma philosophie de vie et donc celle que je peux "transmettre" non pas par l'énoncé de dogmes mais par mes propres actes;
ICEM – Pédagogie Freinet
Site Internet : http://www.icem-pedagogie-freinet.org

Programmes 2008

Aménagement du temps scolaire

(enseignement, soutien et stages sur le temps de vacances)

Évaluation

J E MENGAGE

Je m'engage à respecter le développement de l'enfant ;

Je m’engage à prendre le temps nécessaire aux disciplines qui questionnent le monde ;

Je m'engage à favoriser la construction de la pensée de tous mes élèves par une pédagogie coopérative et des apprentissages qui ne sont pas fondés uniquement sur des automatismes, pour qu’ils puissent analyser et comprendre le monde ;

Je m'engage à ce que tous les élèves bénéficient du même volume horaire institutionnel sur l'année ;

Je m'engage à participer à une réflexion sur l'aménagement de la journée, de la semaine et de l'année ;

Je m'engage à créer dans l’école les conditions de coopération qui favoriseront le dépassement des difficultés au sein de l'équipe éducative et au sein de la classe ;

Je m'engage à réaliser avec les élèves des évaluations constructives qui leur permettront de progresser en confiance ;

Je m’engage à ne diffuser aucun résultat d’évaluation qui servirait à réaliser des comparaisons ou des classements.

J’applique ainsi les valeurs contenues dans la Charte de l’Ecole moderne*

L’ICEM-Pédagogie Freinet                          Le 6 juillet 2008   Signature:  SR


Ce document sera signé de ma part et à portée de main dans ma classe. En fonction des événements il sera mis en lecture aux parents, collègues, hiérarchie.


Ce document sera signé de ma part et à portée de main dans ma classe. En fonction des événements il sera mis en lecture aux parents, collègues, hiérarchie.

 

 

Par seccotine95
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Samedi 14 juin 2008

Environ 700 écoles ont organisé une "nuit des écoles" ce vendredi 13 juin. La mobilisation se poursuit sous d'autres formes. Les médias locaux ont relayés,
voir les site:
La nuit des écoles
Ce mouvement, bien que soutenu par des syndicats, est un mouvement citoyen.
Des citoyens qui refusent les calendriers: examens, vacances...
les législateurs ne feront pas de trêve, nous sommes habitués à découvrir en septembre les textes votés sans publicité en été.

Une première circulaire relative " à l'organisation du temps scolaire et à l'aide personnailisée dans le 1er degré" ( Lire
Évitons la catastrophe ! ) a été transmise en interne le 5 juin 2008.
bien que non paru encore au BO elle sera applicable dès la rentrée.
Dans le dernier paragraphe: "information aux parents" il est écrit
" vous veillerez à informer le plus tôt possible avant la rentrée scolaire des modalités d'organisation du temps scolaire et du principe de fonctionnement de l'aide personnalisé..."

A ce jour qu'en est-il "des modalités d'organisation du temps scolaire
"?

Rien n'est engagé, chaque circonscription (zone géographique sous la responsabilité d'un IEN, Inspecteur de l'Education Nationale) est un cas particulier.
L' IEN ayant reçu les consignes de son I.A. (Inspecteur d'Académie) et chaque  I.A. naviguant à vue, tout est possible mais rien n'est fait.
Je dirai "heureusement", des écoles et enseignants résistent en ne faisant pas remonter les comptes-rendus des conseils de maîtres sur ce sujet. Individuellement nous avons toujours la possibilité de ne pas prendre part à ce genre de concertation ou de voter l'abstention quand au choix des modalités proposés
:
Organisation du soutien suite à la suppression du samedi matin

Comment  établir des "principes de fonctionnement de l'aide personnalisé" dans ces conditions?
Organiser un "soutien" pour un groupe d'élèves sur 1/2 heure ou sur 1 heure, en début ou fin de journée, le mercredi matin, avec son enseignant ou non? 
c'est la réponse à ces questions qui conditionneraient la nature de nos interventions.

Alors nous voyons bien que nous sommes loin de pouvoir "informer" et encore moins établir un projet avec les parents qui ont un enfant concerné par le soutien.

Les parents sauront donc au dernier moment si leur enfant doit venir plus tôt ou rester plus tard, qu'il n'aura plus qu'une heure au lieu de 2 le midi pour se détendre et déjeuner, qu'il viendra le mercredi matin quand ses camarades se reposeront (comment ? à quelle heure? pratique et sécurisant pour les parents qui travaillent).
Plus grave, c'est au dernier moment que l'on va leur dire que leur enfant est passible de faire ces heures donc qu'il est en difficulté!

C'est pour toutes ces raisons que nombre d'enseignants ne veulent appliquer cette circulaire et ouvriront  leur classe à tous leurs élèves, sans dicriminations.


"Evitons la catastrophe"    signez l'appel

"Appel à la désobéissance pédagogique":

     Pétition pour les enseignants     Pétition pour les parents et citoyens


Après "la nuit des écoles" continuons notre travail de sensibilisation auprès de tous en initiant dans nos écoles de quartier le 28 juin
des "Portes ouvertes pour un débat sur l'avenir de l'école"


ce n'est qu'avec les parents et les citoyens que nous obtiendrons un moratoire


Pour une politique éducative qui prenne réellement les besoins des élèves :

• exigeons ensemble un moratoire sur les réformes en cours

• refusons de nous inscrire dans des choix et des contraintes contraires à l’intérêt des enfants

- Les propositions de Darcos ne sont pas légitimes. Elles sont imposées sans discussion : ni avec les personnels, ni avec les parents d’élèves, ni avec les élus des collectivités locales (voir le courrier du Président de l’association des maires de France).

- La note de cadrage ministériel n’a pas été publiée au B.O. X. Darcos reçoit des délégations de maires le 10 juin à l’Assemblée Nationale. Il n’y aura donc certainement aucune publication avant.


N’acceptons pas de choisir et mettre en place des dispositifs contraires aux intérêts des enfants !!!

Au-delà des discussions et des solutions déjà retenues dans certaines écoles,
nous vous proposons d’adresser conjointement
enseignants, parents et élus la demande de moratoire

M O R A T O I R E

Des journées de plus de 6 heures sont-elles une bonne solution
pour les enfants en difficulté scolaire ?

NON

30 mn supplémentaire le matin, le midi ou le soir correspondent-elles
aux rythmes et aux besoins des enfants  ?

NON

Une organisation éclatée entre écoles et communes aux moyens inégaux
est-ce une bonne chose pour la qualité et l’égalité au sein du service public ?

NON

Tous ensemble demandons un moratoire
et le report de cette réforme




Par seccotine95
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